Ensemble ou séparément ?

Date: 20 novembre, 2020 - Blog

Démocratie 1 – Propagande 0

Dans les jours qui ont précédé les élections, les sondages avaient façonné les attentes des marchés financiers comme suit : un triumvirat démocrate composé de la Maison Blanche, du Sénat et de la Chambre produirait davantage de stimulation budgétaire, de programmes sociaux et un niveau plus élevé d’inflation. Mais à cette heure, un scénario très différent est en train de se dessiner. On oublie la ¨Blue Wave¨. Et la Maison Blanche n’est toujours pas officiellement attribuée…

Si la logique prévaut, la contestation des résultats présidentiels en cours ne devrait ni se transformer en crise constitutionnelle majeure, ni durer longtemps. Les arguments en faveur de l’obstruction sont peu convaincants. Par rapport à l’élection de 2000, la situation est beaucoup plus claire (voir graphique ci-dessous).

Contestable, vraiment ?

En ce qui concerne le Sénat, suite aux récents résultats de la Caroline du Nord et de l’Alaska, il est devenu clair que le meilleur résultat que les Démocrates puissent obtenir est une parité fragile. En effet, le sénateur démocrate – réélu – de centre-droit en Virginie vote régulièrement (environ 50 % du temps) avec les républicains. En bref, les Démocrates auraient besoin de 53 ou 54 sièges pour assurer une majorité effective. Dans la pratique, le Sénat ne changera pas, mais restera républicain. Les républicains ont également enregistré des gains inattendus à la Chambre, mais celle-ci restera sous le contrôle des démocrates. Pourtant, jamais depuis des décennies, la Chambre n’avait été aussi divisée.

Biden sera le premier président démocrate nouvellement élu depuis G. Cleveland en 1884 à ne pas bénéficier du soutien total du Congrès. Certes, Biden renversera certaines décisions de Trump, mais dans le seul périmètre de ses compétences. En effet, il lui sera quasi-impossible de faire adopter de nouvelles lois qui n’auront pas un soutien bipartisan.

Nous pensons toujours que le Harbor day (14 décembre) sera le dernier délai pour le règlement des litiges

La cohabitation / blocage est le nouveau régime politique aux États-Unis

La cohabitation pourrait-elle enfin être vertueuse ?

À quoi devons-nous notamment nous attendre en 2021 ?

  1. Statu quo (pas de hausse) de l’impôt sur le revenu
  2. Pas de taxes inamicales pour les marchés. On oublie les nouvelles taxes sur les plus-values, sur les dividendes, ainsi que la déductibilité réduite des charges d’intérêt. Pas de nouvelles restrictions sur les rachats d’actions.
  3. Le cadre favorable au secteur financier (déréglementation) restera ou ne subira que peu de changements
  4. Aide minimale pour les gouvernements nationaux et locaux
  5. Quelques mesures de relance pour les ménages et les petites et moyennes entreprises

En bref, les chances d’une deuxième version de la méga-relance comme au printemps / été sont faibles. Un Green New Deal majeur est également peu probable, même si un certain soutien bipartite devrait émerger sur des sujets spécifiques. Tout comme ces dernières années, les grandes dépenses d’infrastructure ne devraient pas émerger, car butant sur des désaccords idéologiques (financement public, privé ou mixte ?).

  • Des actions supplémentaires de la part de la Fed sont absolument nécessaires, elles soutiendront les marchés
  • Les taux d’intérêt américains intermédiaires et longs devraient être lents à remonter. Mais à mesure que nous trouverons des vaccins, leur normalisation s’accélérera
  • Les obligations de type «Muni-bonds» resteront sous pression. Les habituels États suspects comme NY, CA, Il, CT resteront dans la tourmente, en raison de leur situation financière particulièrement faible

 

Par Philippe Schindler